Un ressortissant français ne peut pas entrer en Australie avec un simple passeport, mais doit obtenir une autorisation électronique avant le départ. Certains pays imposent un système d’exemption de visa, mais exigent tout de même une démarche préalable en ligne. Les réglementations varient d’un pays à l’autre, avec parfois des délais d’obtention de quelques minutes seulement, ou des refus inattendus malgré la possession de tous les documents requis.Dans le même temps, l’Europe met en place de nouveaux dispositifs similaires, modifiant les habitudes des voyageurs. Les démarches diffèrent selon la destination, le type de séjour et la nationalité du demandeur.
ETA de voyage : une autorisation électronique de plus en plus répandue
Depuis 2025, la démarche ETA s’impose à quiconque souhaite franchir la frontière britannique pour un court séjour. Tout passe désormais par le numérique : demande exclusivement en ligne ou sur l’application officielle, paiement instantané (10 £ jusqu’au printemps 2025, puis 16 £), et autorisation liée directement au passeport. On obtient alors le feu vert pour deux ans, ou jusqu’à la date d’expiration du passeport. Pendant ce laps de temps, les allers-retours sont possibles, à condition de ne jamais dépasser six mois sur place à chaque visite.
Le Royaume-Uni rejoint ainsi les États-Unis, le Canada, sans oublier l’Europe qui prépare l’ETIAS. Les contrôles migratoires se modernisent, se digitalisent, se renforcent. Le principe est limpide : connaître l’identité de chaque voyageur avant même qu’il n’ait réservé son billet. Pour ceux qui n’ont pas besoin de visa, l’ETA devient une étape à ne plus négliger, une formalité incontournable avant chaque départ.
Pour bien s’y retrouver, il faut garder en tête quelques points clés sur ce dispositif :
- L’ETA est obligatoire pour tout séjour touristique ou professionnel de moins de six mois au Royaume-Uni.
- La demande s’effectue uniquement en ligne ou via l’application officielle, paiement numérique, et l’autorisation est automatiquement rattachée au passeport.
- Validité de deux ans ou jusqu’à expiration du passeport, avec la possibilité d’entrer et sortir du pays plusieurs fois sur cette période.
Quelle différence entre ETA et visa classique ?
L’Autorisation de Voyage Électronique (ETA) et le visa classique répondent à des logiques bien distinctes. L’ETA concerne les citoyens français, européens, suisses ou de l’Espace économique européen qui prévoient un séjour temporaire. Elle ne donne droit qu’à un passage de courte durée : tourisme, visite familiale ou déplacement professionnel sans rémunération sur place, pour une période inférieure à six mois. Impossible de s’installer ou de travailler durablement avec une simple ETA.
À l’inverse, le visa devient incontournable pour travailler, étudier longtemps, rejoindre sa famille ou rester plus de six mois. Autre cas de figure : refus d’ETA, ou projet nécessitant une autorisation spécifique, comme un visa temporaire pour artiste invité, ou un visa de transit.
Obtenir une ETA ne prend que quelques minutes, sans dossier complexe ni entretien. Pour un visa, l’exigence monte d’un cran : dossier complet à préparer, justificatifs à fournir, présence éventuelle au consulat et délais de traitement souvent plus longs.
Pour bien distinguer les deux, voici les grandes lignes à retenir :
- ETA : Autorisation numérique, liée au passeport, valable deux ans ou jusqu’à expiration du document, permettant des séjours multiples et courts.
- Visa : Procédure plus lourde, durée variable selon le motif, justificatifs à réunir, déplacements parfois obligatoires pour un rendez-vous officiel.
Conditions à remplir et documents nécessaires pour obtenir une ETA ou un visa
Le point de départ reste toujours le même : un passeport en cours de validité. Depuis octobre 2021, la carte d’identité ne permet plus l’entrée au Royaume-Uni (hors cas particulier des mineurs en voyage scolaire organisé depuis la France). Pour tous les autres, le passeport est incontournable.
La demande d’ETA concerne tous les ressortissants français, européens, suisses et ceux de l’Espace économique européen, dès le 2 avril 2025, pour des séjours de moins de six mois. Exceptions notables : citoyens britanniques ou irlandais et personnes bénéficiant d’un statut de résident permanent ou temporaire au Royaume-Uni. La procédure s’effectue exclusivement en ligne, en renseignant ses informations personnelles et son passeport, puis en réglant les frais administratifs (10 £ ou 16 £ selon la date). La validité suit la même logique : deux ans ou jusqu’à l’expiration du passeport utilisé lors de la demande.
La démarche pour obtenir un visa est plus exigeante. Il faut rassembler plusieurs pièces : une photo d’identité récente, une preuve de ressources, un justificatif du séjour et de l’hébergement, parfois accepter un entretien. Le visa s’impose si l’ETA est refusée, pour les séjours longs, ou pour tout projet d’emploi ou de regroupement familial. L’ETA mise sur la simplicité et la rapidité ; le visa conserve une logique rigoureuse, fidèle à la politique migratoire durcie depuis le Brexit.
Tour d’horizon des exigences d’entrée dans les principaux pays concernés
Depuis le Brexit, le Royaume-Uni s’est libéré des règles de l’espace Schengen. L’Autorisation de Voyage Électronique (ETA) devient la nouvelle norme pour accéder à l’Angleterre, l’Écosse, le Pays de Galles ou l’Irlande du Nord à partir d’avril 2025, sauf pour les Britanniques, les Irlandais et les résidents déjà établis.
Il existe des exceptions notables : Gibraltar n’applique pas l’ETA, et l’entrée reste directe pour cette enclave méditerranéenne. Côté îles anglo-normandes (Jersey, Guernesey), ce dispositif sera mis en place d’ici la fin 2025.
Pour synthétiser les principaux régimes d’accès actuels et à venir :
- Union européenne, Espace économique européen, Suisse, Irlande : pas d’ETA, un passeport ou une carte d’identité valide suffit, selon les conditions locales.
- Royaume-Uni (hors Gibraltar pour le moment) : ETA systématique pour les courts séjours, recours au visa si les critères ne sont pas remplis.
- Îles anglo-normandes : ETA requise à partir de la fin 2025.
Depuis la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, chaque voyageur doit désormais anticiper les formalités : vérifier la réglementation, préparer sa demande, ajuster ses projets selon les règles en vigueur. L’époque où l’on passait la frontière sans y penser appartient au passé. Aujourd’hui, chaque traversée de la Manche impose d’avoir les idées claires sur le cadre légal applicable. Le voyage commence bien avant l’arrivée à destination : souvent, c’est au moment de remplir le formulaire en ligne que l’on réalise que la mobilité européenne a changé de visage.


