Cinéma, »Tracks » une traversée du désert australien avec quatre chameaux, un chien et cinq dollars en poche

3000 kilomètres de traversée du désert australien, avec pour seuls accompagnateurs quatre chameaux, un chien et cinq dollars en poche. .

Petit film pour grande histoire

Rares sont les personnes qui savent que l’Australie compte aujourd’hui l’une des plus importantes populations de dromadaires, avec plus de 50 000 individus répartis sur le territoire et de nombreux élevages appelés « camel farms ». C’est dans ce milieu d’homme que Robyn va évoluer, cherchant au travers de différents emplois dans les fermes, à obtenir un payement sous forme d’animal, lui permettant ainsi d’entreprendre son fabuleux voyage.

Tiré du best seller éponyme de Robyn Davidson, « Tracks » suit donc méthodiquement les efforts de la jeune femme, et ses difficultés tout au long d’un parcours en solitaire, où sa quiétude est troublée par la présence chaque mois du photographe qui viendra notamment la ravitailler en eau, au seuil de la traversée de la partie la plus désertique. Malheureusement la mise en scène, désespérément linéaire (hormis quelques rêves et flash-backs expliquant à minima le passé de l’héroïne), reste une simple illustration, dont on admirera l’aspect carte postale, tout en se lamentant de l’absence de suspense et au final de réel enjeu.

AA

Lors de sa présentation au Festival de Venise en 2013, nombreux furent les journalistes à poser la question de la présence incongrue du film en compétition. Récit de solitude, ponctué de quelques rencontres avec les aborigènes, ou un improbable couple en plein désert, le film ne basculera jamais dans la folie attendue, malgré la représentation de quelques signes avant-coureurs (la vision d’un mâle dromadaire courant dans le désert, un motard faisant une course qui s’arrête auprès de son feu de camp la nuit…) et se contente d’assurer un certain dépaysement sans creuser véritablement le sujet de la solitude, pourtant abordé dès l’introduction, avec la très belle citation : « certains nomades sont partout chez eux, d’autres nulle part ».

Dommage pour ce qui aurait dû toucher au récit personnel, confrontant son personnage fragile à l’immensité des paysages australiens. Reste que « Tracks » vaut surtout pour l’interprétation impliquée de son actrice principale, Mia Wasikowska (« Restless », « Alice au pays des merveilles » ou récemment « Stoker »), la peau brûlée, le cheveu sale et emmêlé, en prise progressivement à certaines hallucinations. Elle est le soleil de cette incroyable histoire, retrouvant progressivement le sourire face à un monde qu’elle ne faisait que fuir. Une belle carte postale, sans réelle ampleur dramatique.

http://www.abusdecine.com/critique/tracks

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