Le túmin, la monnaie indigène qui conquiert le Mexique !

Sur le comptoir du café-librairie La Rueca de Gandhi trône une affichette: «Nous acceptons le túmin». Comme dans plus de 850 commerces locaux, il est ici possible de payer une partie de sa consommation en túmines, l’une des rares monnaies locales et solidaires du pays.

Pensé à l’origine comme une réponse à la pauvreté d’une communauté rurale, le túmin et son fonctionnement atypique gagnent les populations urbaines branchées. Née il y a cinq ans au sein d’une communauté de l’ethnie Totonaque, dans le Veracruz, elle est aujourd’hui en circulation dans quinze Etats.

L’histoire commence en 2010 dans la municipalité d’Espinal, au nord de la région de Veracruz. Inspiré du modèle zapatiste qui prône l’autonomie des peuples ainsi que des pratiques ancestrales de troc de la communauté, un groupe d’étudiants et d’universitaires crée, en concertation avec des habitants d’Espinal et le Réseau unis pour les droits humains, un marché alternatif d’économie solidaire articulé autour d’une monnaie solidaire, le túmin.

Donner sa chance à l’économie de proximité

Aujourd’hui, à Espinal, Carlos, le menuisier, achète son pain en túmines à Paulina, la boulangère, qui à son tour les dépense chez Joaquín, le boucher, qui va faire repriser sa chemise chez Enriqueta la couturière.

«Cela a permis à de nombreuses familles de sortir de l’extrême pauvreté en ayant accès aux produits de première nécessité sans être dépendants du système monétaire dominant. Le túmin n’est pas qu’un instrument monétaire, c’est une expérience de la confiance et un apprentissage. Le rapport à la monnaie a changé: nous ne sommes plus dans une logique de gagner de l’argent pour survivre mais dans une logique de circulation de biens, de services et de savoirs», explique Mayeli Ochoa, coordinatrice du projet, tisseuse et étudiante en sciences de l’éducation.

Car, contrairement à d’autres monnaies complémentaires, le túmin ne peut pas s’acheter. Chaque nouvel adhérent se voit remettre gratuitement 500 túmines en une seule fois. A lui de faire circuler ce capital au sein du réseau. «La valeur de cette monnaie se base sur ce que l’on produit, et non sur ce que l’on détient. Les usagers du túmin sont «proconsommateurs», à la fois producteurs et consommateurs», continue la jeune femme.

Plainte de la Banque du Mexique

Pensée pour un marché restreint, cette monnaie sociale a suscité la méfiance des pouvoirs publics. En 2012, la Banque du Mexique a lancé une procédure en justice contre les utilisateurs du túmin pour fabrication et émission illégale de monnaie, et concurrence déloyale au peso mexicain. Malgré plusieurs expertises anthropologiques et économiques démontrant que ces accusations étaient infondées, le cas n’a pas été classé, et la procédure est toujours en cours.

La suite sur http://www.lecourrier.ch/137458/la_monnaie_indigene_qui_conquiert_le_mexique

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