Les 1.600 pandas voyageurs du français Paulo Grangeon s’exposent à Central Embassy

L’exposition « 1.600 Pandas » est née en 2008 d’une collaboration entre WWF France et l’artiste français Paulo Grangeon pour alerter les populations de la disparition progressive des pandas géants sauvages en présentant, à divers endroits du globe, 1.600 sculptures de pandas en papier mâché. Le succès étant, les pandas ont été successivement exposés en France, au Pays-Bas, en Italie, en Suisse, en Allemagne et même à Taiwan et Hong Kong, en Malaisie et en Corée du Sud et, heureuse coïncidence ou non, depuis, la population de pandas géants sauvages a augmenté de 17%.
Cette année, grâce au soutien du groupe Central, en collaboration avec l’Autorité du Tourisme de Thaïlande (TAT) et l’Administration Métropolitaine de Bangkok (BMA), les 1.600 pandas ont pu s’inviter au « pays du sourire ». Un juste retour des choses puisque c’est en Thaïlande que Paulo a appris la technique du papier mâché et que c’est également ici que les séries de 1.600 pandas sont produites. Après des apparitions éclairs dans dix endroits emblématiques de Thaïlande, les 1.600 pandas s’offrent un peu de repos. Ils poseront leurs bagages dans le hall de Central Embassy du 24 mars au 10 avril.
A cette occasion, LePetitJournal.com à rencontré Paulo Grangeon qui nous invite dans les coulisses du projet.

Comment est né le projet « 1600 pandas » ? Qui en a eu l’initiative ?
En 2008, mon beau frère, Serge Orru, était directeur de WWF France. Sachant que je faisais des objets en papier mâché, pour les 35 ans de l’ONG, il m’a demandé reproduire le logo de WWF. Au premier essai, j’ai reproduit le panda tel quel, en trompe-l’œil d’environ 5 centimètres d’épaisseur mais nous n’étions pas convaincus par le résultat. Je lui ai demandé de me laisser une seconde chance et je suis revenu avec mon panda en 3D. Cette fois, tout le monde a craqué.
De là, WWF m’a commandé 1.600 pandas, 1.600 correspondant au nombre de pandas en liberté dans le monde à l’époque. Ensemble, nous avons fait une première exposition à l’hôtel de ville de Paris et ça a vraiment plu. D’autres villes ont demandé à ce qu’on leur prête les pandas et, depuis, on va là où on nous invite et là où l’on sent que les organisateurs ont compris le truc, que ce n’est pas seulement un coup de tête.
Car c’est du travail d’organiser une expo comme celle là. Cela nécessite un ou deux ans pour faire venir les pandas et il faut trouver le bon sponsor, celui qui correspond aux valeurs du projet et qui a les fonds nécessaires. A la fin de chaque exposition, on propose aux gens d’adopter les pandas et les fonds sont reversés à WWF. C’est sain, c’est pour ça que ça me plait et que ça dure je crois. Pour chaque nouvelle exposition, on refait de nouveaux pandas en Thaïlande.

Comment avez-vous découvert le papier mâché et qu’est ce qui vous plait dans cette technique ?

Il y a 20 ans, lors d’un salon en Allemagne, j’ai rencontré une amie d’ami qui créait des objets en papier mâché en Thaïlande. Elle m’a invité en Thaïlande pour découvrir la technique et j’ai été séduit. Pour moi qui aime produire à plus ou moins grande échelle, c’est l’idéal car une fois le moule crée, ça va vite, on peut produire à l’infini de manière quasi industrielle. Pour réaliser les 1.600 pandas, par exemple, il faut environ deux mois pour 30 à 40 travailleurs. J’aime l’idée de les faire fabriquer en Thaïlande aussi car ça offre régulièrement du travail aux femmes de villages du nord. L’avantage du papier mâché, c’est que pour en fabriquer, il n’y a besoin de rien et puis ce n’est pas polluant. C’est pour cela que cette aventure me plait, c’est sain.

Quel est le procédé de fabrication d’un panda ?
Il y a plusieurs techniques pour le papier mâché. J’ai appris celle pour faire des pièces à plus ou moins grande échelle, pas des pièces uniques. En gros, on fait d’abord un modèle en terre. Pour le panda assis, il faut deux moules, donc on coupe le modèle en terre en deux et on fait un moulage en plâtre. Une fois le plâtre sec, on enlève la terre et on obtient un moule en forme de demi-panda dans lequel on va pouvoir mettre le papier mâché. On en met jusqu’à obtenir une coque d’environ 2,5 millimètres d’épaisseur. Le tout tient avec une colle artisanale fabriquée à partir de riz bouilli et d’eau. Une fois l’épaisseur de 2,5 mm atteinte, on fait sécher et on démoule. Il ne reste ensuite plus qu’à assembler les deux moitiés de pandas et recouvrir le tout d’une couche de papier blanc pour faciliter la prise de la peinture.

Le succès a-t-il été au rendez-vous dès 2008 ?
Un peu mais ça n’a pas si bien marché que cela en Europe. Le déclencheur a été l’Allemagne où, au cours d’un été, les pandas se sont baladés dans 40 villes. Ca a fait un boum terrible et, de là, deux Taïwanaises sont venus me voir à Grenoble pour me persuader de venir chez elles. Elles ont eu raison : dès le premier jour, il y a eu 300.000 visiteurs sur la place de la mairie de Taïwan. C’était vraiment énorme. Ensuite, on a été à Hong Kong et, là aussi, ça a été la folie. Il y avait tellement de candidats à l’adoption, entre 8.000 et 9.000, qu’on a du faire une loterie.

Comment expliquez-vous le succès du projet en Asie ?
Entre 2008 et 2014, les réseaux sociaux se sont énormément développés. Tout a basculé avec les réseaux sociaux. Il y a aussi eu un changement dans l’organisation de l’évènement car en Asie, c’est toujours très professionnel. C’est pensé à l’échelle asiatique, il y a des moyens techniques et financiers. Or, recevoir 1.600 pandas nécessite de la préparation quand même : il faut des volontaires pour les installer, les surveiller, les ranger. C’est du travail. Le fort attachement des asiatiques à la figure du panda a aidé aussi. Le panda c’est le Mickey d’ici. Enfin, ici, l’artiste est mieux considéré. Je n’étais même pas annexe quand cela s’est passé en Europe alors qu’ici, je sens de la reconnaissance donc j’espère que ça durera encore quelques années.

Avez-vous d’autres projets de prévu avec WWF ?

J’aimerais faire des tortues car c’est une espèce dont il faut parler mais je ne sais pas encore si cela pourrait marcher. Pour cela, il faudrait quelles soient suffisamment solides pour que l’on n’ait pas besoin de les interdire d’accès au public et que les enfants puissent monter dessus. Il y a plein d’espèces en voie de disparition qui mériteraient qu’on en parle et j’aimerais moi-même prouver que l’on peut faire la même chose avec d’autres animaux que les pandas. Mais c’est compliqué car il faut des animaux qui marchent auprès du public et qui soient réalisables techniquement parlant. Je pense que l’on n’arrivera jamais à faire aussi fort qu’avec les pandas. Le panda, c’était l’idéal… C’est un logo, c’est noir et blanc et c’est un animal qui fait craquer tout le monde. Je voulais faire des tigres, par exemple, mais c’est impossible de faire les rayures à la machine. Au-delà de ça, non, nous n’avons pas spécialement de projets communs. J’ai deux vies : une vie « pandas » de deux à trois semaines par an et ma vie normale à Grenoble, où je tiens une boutique d’objets extraordinaires et un atelier de céramique avec ma femme.

Connaissez-vous déjà la prochaine destination des pandas ?
Non, ça va dépendre des opportunités et demandes que nous allons avoir, des sponsors que nous allons trouver… Je ne sais pas encore s’il y aura une suite mais je l’espère.

Informations pratiques : A la fin de cette ultime apparition, les 1.600 pandas seront soumis à l’adoption pour le prix de 600 Bahts. L’intégralité des fonds récoltés iront à WWF Thaïlande pour venir en aide aux espèces en danger ici, comme les éléphants et les tigres de Bengale.
Pour plus d’informations :
http://www.1600pandasplusth.com/
https://www.facebook.com/1600pandasplusth/

article le Petit journal

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