Le Parc Adula, deuxième parc national suisse en 2018 ?

Premier pays à avoir inauguré un parc national en Europe, la Suisse est aujourd’hui à la traîne. Depuis la création, en 1914, du Parc national suisse en Engadine, aucun autre espace naturel n’a accédé à ce titre. En comparaison, l’Allemagne s’est étoffée de douze parcs nationaux au cours des quinze dernières années. Le projet du Parc Adula, à cheval entre le Tessin et les Grisons, espère combler quelque peu le retard helvétique. En gestation depuis quinze ans, il est entré dans une étape décisive le mois dernier, au terme de la phase de consultation publique de sa charte. Ce document de 400 pages détaille objectifs et règles du futur parc. La dernière ligne droite n’a rien d’une sinécure: plus de 90 observations et propositions émises par les autorités locales et des privés. La version finale du projet sera soumise avant la fin de l’année au vote populaire dans les dix-sept communes concernées. Si les citoyens adoubent le candidat Adula, il faudra encore compter une année avant que le parc n’obtienne de la Confédération le label tant convoité. Dans le meilleur des cas, l’inauguration est prévue pour 2018. Exemple authentique des Alpes

«Un exemple authentique des Alpes suisses», des sites «parmi les plus spectaculaires et fascinants de toute la région alpine», et une faune et une flore «foisonnantes». Voilà ce que promettent les initiateurs du Parc Adula. Ce dernier s’étendrait sur près de 1200 km2 – huit fois plus qu’en Engadine – autour du Rheinwaldhorn, point culminant du massif de l’Adula. Son site phare? La haute plaine de la Greina, une étendue de près de 6 km perchée à 2200 m d’altitude qui offre aux randonneurs un paysage de toundra alpine. «C’est le trésor du parc!» dit Patrick Walser, porte-parole de l’Association Parc Adula, qui regroupe des représentants des communes, des régions ou d’associations de développement locales. Suisse Tourisme vante aussi les formations géologiques surprenantes et la végétation très variée de la région, qui constitue l’un des «plus grands espaces naturels d’un seul tenant de Suisse». La source du Rhin antérieur, le laghetto dei Corti dans le Val Malvaglia ou le col du Passit figurent parmi ses autres attraits.

Un nouveau souffle

Voila pour le cœur de ce havre de paix alpin, qui recouvre une surface de 145 km2. Ici, l’objectif de la création d’un parc national est la protection de la nature. Conformément à la nouvelle législation, et contrairement au parc d’Engadine, le Parc Adula se composera en plus d’une zone périphérique. Celle-ci encercle la partie centrale et constitue l’essentiel du domaine (1100 km2). Le but est d’y encourager un développement économique durable. Une nécessité pour les cinq régions et dix-sept communes qui la composent et où vivent quelque 16 000 personnes, insiste Patrick Walser: «Ces régions sont en difficulté. Les restaurants et les hôtels ferment. Le label de parc national donnera une visibilité énorme aux communes moins connues et aidera à promouvoir des produits locaux. Il est certain que cela leur donnera un nouveau souffle.»

Un projet à 5 millions

C’est que la manne financière qui vient avec le statut de parc national est alléchante. Si les citoyens disent oui au projet, 5,2 millions de francs seront injectés chaque année dans le développement du Parc Adula. La Confédération participera à hauteur de 60% et le Tessin et les Grisons de 20%. Les 20% restants seront financés par les communes et des sponsors. Cet argent servira notamment à la mise en place d’initiatives locales, telles que la création de sentiers culturels et historiques ou le développement des moyens de transports. «Une étude réalisée au Parc national suisse en Engadine démontre que chaque franc investi génère 5 francs de revenus», se réjouit Patrick Walser.

ADU

Restrictions contestées

L’obtention du label «parc national» est conditionnée par l’instauration de mesures destinées à préserver le cadre idyllique de la zone centrale. Dans cette dernière, il sera donc interdit de sortir des routes et chemins tracés. Pas le droit non plus d’y promener son chien, de chasser, de pêcher, de cueillir des plantes ou des champignons. «L’estivage restera possible, tout comme la présence de cabanes alpines», indique Patrick Walser. Dans la zone périphérique toutefois, les promoteurs n’ont pas introduit de restrictions. C’est sur cette question de la réglementation des activités humaines que les esprits s’échauffent. Pendant les mois qui ont précédé la mise en consultation publique, en novembre dernier, les promoteurs se sont efforcés de prendre en compte les intérêts divergents. Mais les compromis ne satisfont pas entièrement ni associations de protection de la nature ni certains groupes d’usagers.

Le Club alpin suisse ou l’Association suisse des guides de montagne estiment que les limitations vont trop loin. Ils exigent le maintien d’un large accès pour la pratique des sports de montagne dans la zone centrale. Patrick Walser rétorque: «Il y aura tout de même 71 km de chemin de randonnée, comme aujourd’hui, 119 km de parcours pour les alpinistes en hiver et 156 km en été. Assez pour profiter de ces belles montagnes!» Le WWF ou Pro Natura, de leur côté, regrettent de trop nombreuses exceptions et le fait qu’aucune limitation ne soit imposée dans la région périphérique (lire ci-dessous).

«Mont Disney»

Mais l’opposant le plus virulent au Parc Adula est sans doute l’auteur grison Leo Tuor. Dans la presse alémanique, ce dernier n’a eu de cesse de fustiger le projet, qui, selon lui, transformerait la région en «Mont Disney» ou en «zoo». Patrick Walser défend: «Notre objectif n’est pas de développer un tourisme de masse mais un tourisme durable. M. Tuor voudrait que ces montagnes restent comme il y a 100 ans, comme une sorte de musée. Or nous faisons des projets qui vont aider concrètement le développement et le soutien du tourisme, de l’agriculture et de l’économie.» Le porte-parole rappelle d’ailleurs que ce sont les autorités locales et non pas Berne qui ont lancé l’initiative. A voir ce qu’en penseront les citoyens. En cas de oui, ils se prononceront sur la reconduction du parc tous les dix ans.
article http://www.24heures.ch/suisse/La-Suisse-attend-son-deuxieme-parc-national/story/27255867

http://www.parcadula.ch/Home

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