Inde Kumbh Mela, Sur les rives du fleuve sacré du réalisateur indien Pan Nalin

Le Kumbh Mela est le plus grand pèlerinage du monde, qui réunit en Inde tous les 12 ans, plus de 100 millions d’hindous venus se baigner dans les eaux sacrées du Gange, au confluent de 3 rivières.
Pan Nalin y a posé sa caméra et relate différents destins, profondément émouvants, tous liés par la même foi : un jeune vagabond, un Sadhu, une mère désespérée à la recherche de son petit garçon disparu, un Yogi qui élève seul un bébé abandonné, ou encore un ascète fumant du cannabis.
Des hommes et des femmes hors du commun, par leur personnalité et leur spiritualité, tous confrontés à un dilemme inextricable : vivre dans ce monde ou s’exiler.

Pan Nalin : « Ce feu spirituel, seuls les pauvres de notre monde le ressentent »

PAN

Né dans une famille indienne très pauvre, mais spirituellement riche, Nalin Pan passe son enfance à vendre du thé dans l’unique gare de son petit village. Fasciné par les miroirs, la lumière et les ombres, il n’aime pas aller à l’école et préfère peindre et dessiner. C’est lorsqu’il voit son premier film à l’âge de 9 ans qu’il décide de devenir réalisateur.

Jusque-là autodidacte, Nalin Pan est admis au NID, une prestigieuse école de design indienne, où il apprend la réalisation. Passionné de cinéma, il organise également des festivals et des rétrospectives de ses cinéastes favoris : Jean-Luc Godard, Ingmar Bergman, Akira Kurosawa, Sergei Mikhailovich Eisenstein et Luis Buñuel. Il tourne aussi des courts métrages, mais réalise que la meilleure école reste la vie.

Après plusieurs voyages, il commence à travailler dans une société de production avant de monter sa propre société de production cinématographique, Ideas Unlimited. Il écrit alors des scénarios puis réalise des courts métrages et des documentaires en collaboration avec Canal +, BBC, Discovery, National Geographic et France 3.

Son sujet de prédilection est la quête spirituelle à travers la société, la religion, la foi et la sensualité. En 1993, il décide de réaliser son premier long métrage Samsara. Sept ans sont nécessaires à son projet pour aboutir et le film ne sort qu’en 2001. Le long métrage est primé deux fois et connait une diffusion internationale en 2002.

Après avoir tourné quelques documentaires dont Ayurveda et autres court-métrages, il réalise son deuxième long, La Vallée des fleurs (2006), un conte qui prend vie au coeur de l’Himalaya du XIXe siècle pour terminer dans le Tokyo moderne. Il faut attendre alors sept ans pour le voir revenir au documentaire. Avec Faith Connections, Pan Nalin rend hommage à son père en respectant son souhait, celui de prendre part au voyage spirituel du Kumbh Mela.

Pourquoi le Kumbh Mela ?

A quel endroit sur Terre pourrait-t-on être témoin d’un tel pouvoir de dévotion ? De nos jours, nous perdons le contact « réel » avec les religions : tout est pouvoir, politique, fanatisme et exploitation de la foi. Les vrais dévots sont rares et en voie de disparition. Les religions n’ont plus aucun sens : la spiritualité est emballée, exportée puis réimportée comme un mode de vie. Ainsi, seuls les plus démunis ont encore une foi réelle – le Kumbh Mela en est le spectacle.

La foi a un pouvoir tel que j’ai été, de nombreuses fois, ému aux larmes. Je n’ai aucune explication rationnelle à donner : il s’agit d’un sentiment profond, comme un feu qui brûle en vous. Mais ce feu spirituel, seuls les pauvres de notre monde le ressentent.

Des millions d’entre eux affluent vers le Kumbh Mela, guidés par cette foi. Et cette manifestation n’existe nulle part ailleurs sur Terre.

Quelle approche avez-vous du plus grand rassemblement du monde – et où trouvez-vous toutes ces histoires ?

Nous vivons à l’ère des images. Nos vies sont envahies par des images qui nous parviennent sous beaucoup de formes : cinéma, TV, internet, smartphones, livres, magazines…

Nos sens sont constamment bombardés de contenus audiovisuels. Par conséquent, quand je suis arrivé au Kumbh, je me suis dit que si je ne trouvais pas de personnalités intrigantes, j’abandonnerais l’idée de faire un film car la production cinématographique est déjà nombreuse sur cet événement.

J’ai cherché les intrigues les plus simples : une mère à la recherche de son fils, un bébé abandonné qui bouleverse la vie d’un Yogi, un enfant qui doit choisir de devenir Sadhu ou gangster, un pèlerin qui ne veut simplement rien…

Seule la rencontre avec ces personnes aux parcours « vraiment » exceptionnels pouvaient nourrir ma vision artistique. Une fois mon projet mis au clair, il me restait à plonger dans l’océan de l’humanité pour y pêcher des trésors. D’ailleurs, étonnamment, mon expérience fut proche de celle de la pêche ; je sentais tout avant même de le voir !

« A travers l’expérience intime de chaque participant, c’est une beauté suprême que vise le film. » Libération

« Ce magnifique documentaire plonge le spectateur au cœur du plus important rassemblement spirituel au monde (…). De cette assemblée en mouvement, Pan Nalin extirpe pour quelques instants des hommes et des femmes, des moments émouvants ou drôles. » La Croix

River of Faith: A film about the Kumbh Mela 2013

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